Le jugement

Le jugement
Le thème du jugement de l'âme, largement répandu, témoigne de la supériorité de la justice divine sur celle des hommes : elle sépare le bon grain de l'ivraie... D'où la crainte ressentie par le mourant.



Toute fin du monde, toute mort individuelle n'est rien d'autre que le début d'une expérience dans l'au-delà et la continuation d'une existence qui, dans le mythe et dans la religion, est placée sous le signe du juste et de l'injuste. Au seuil de cette mutation se trouve le Jugement dernier où encore les nombreux exemples connus de sentences ultimes qui, par le compte des actions terrestres, décideront de la souffrance dans l' anéantissement, ou de la félicité dans la vie éternelle.





Le périple des ames


De nombreuses traditions supposent qu'après la mort l'âme humaine se rend au royaume des défunts.

En Afrique, on croit souvent qu'elle passe un certain temps dans les limbes avant de décider de renaître ou non sur terre, sous forme humaine. D'autres traditions font état d'un angoissant jugement.

La mythologie égyptienne offre un tableau très impressionnant du jugement du défunt par quarante-deux représentants du royaume d'Osiris, dans la salle du trône de ce souverain suprême des mondes infernaux. Maat, la déesse de la Vérité, évalue le poids de la conscience de l'individu à l'aide d'une plume. L'âme de qui a vécu vertueusement rejoint les dieux dans leur éternel combat contre Apep, le Serpent du Chaos ; dans le cas contraire, elle est dévorée par un monstre.

Pour les Grecs, le frère de Zeus, Hadès (Pluton), était le souverain de l'empire des morts qui se situait, selon l'Illiade, sous les lieux secrets de la terre et, selon l' Odyssée, au-delà des confins de l'océan primordial. Pour s'y rendre, l'ombre du mort devait recourir à Charon, le nocher immortel, après lui avoir remis le péage placé dans sa bouche par les vivants, afin de traverser plusieurs fleuves tels que l'Achéron (l'Affliction), le Styx (les Serments irrévocables), le Léthé (l'Oubli)... Puis elle comparaissait devant trois Juges envoyant les justes au paradis des champs Elysées et condamnant les autres aux tourments éternels.

La religion iranienne connaît, elle aussi, le Jugement dernier. Après la mort. les âmes passent sur le pont Cinvat, aussi étroit que le fil d'une lame. Les âmes justes le franchissent tandis que les damnés tombent dans le gouffre.

Dans le Livre des Morts tibétain, on évalue le bon ou le mauvais karma du défunt par des pierres blanches et des pierres noires.

Au Japon, le jugement des morts est l'objet d'une description symbolique presque littérale. Le juge des âmes inscrit l'acte d'accusation sur un grand tableau, tandis que celui de droite déploie le rouleau où sont inscrites les actions de la vie. Un mythe japonais affirme que l'âme de ceux qui se sont rendus coupables de graves péchés est envoyée dans l'une des seize régions d'un domaine infernal appelé Jigoku

Le christianisme
Dans la tradition biblique où les morts seront appelés à l'ultime résurrection, les justes jouiront de la lumière de Dieu tandis que les damnés seront voués aux souffrances éternelles. Et ici comme dans tous les récits, nous retrouvons l'incorruptible balance de la Justice qui décidera du destin. Elle est placée devant le maître du royaume des morts et devant le dieu et juge de l'univers. Le tribunal commence par la lecture de l'accusation, tandis que les avocats de la défense jettent aussi leur poids dans la balance.


De simple séjour des morts, l'enfer devient dans le christianisme un lieu d'expiation des fautes. Les enfers, l'Hadès grec, le Scheol des Hébreux ou l'Arallu des Assyro-Babyloniens, n'ont d'abord été qu'un lieu souterrain où erraient les âmes indifférenciées des défunts. Cette conception évolua pour répondre à un besoin de justice : les bons et les méchants ne pouvaient connaître le même sort, si bien que l'au-delà devint le lieu du jugement scellant le sort de chacun en fonction de ses mérites. Les psaumes de l'Ancien Testament établissent un lien entre la mort et le péché, le juste place son espoir en un Dieu de miséricorde : « Tu ne m'abandonnes pas aux enfers, tu ne laisses pas ton fidèle voir la fosse. » L'enfer signifie qu'il n'y a pas de confusion possible entre le bien et le mal. La justice divine ne risque-t-elle pas toutefois de condamner l'impie à la damnation éternelle dans le feu de la géhenne ? Comment concilier le châtiment et la possibilité du rachat ? En brandissant la menace des supplices infernaux, la prédication populaire a donné l'image d'un jugement impitoyable en contradiction avec la promesse évangélique. Le désir de justice appelle celui de pardon, quel que soit le poids des fautes commises : « Si tu retiens nos fautes Seigneur, qui donc subsistera ? », interrogeait le psalmiste. Le Nouveau Testament affine la conception de la justice : si le péché s'avère toujours condamnable, l'homme pécheur ne doit pas être réduit à ses actes mauvais et enfermé dans un passé qui le condamne à tout jamais. Mais le juste ne saurait non plus se réclamer de ses oeuvres pour être sauvé. La dimension plénière de la justice divine se manifeste en ce qu'elle est toute gratuité : le pardon comme le salut sont accordés en vertu de la bonté même de Dieu. Dans son acception profonde, l'enfer consiste alors dans le refus d'accueillir un amour dont l'évangéliste Jean nous dit qu'il est « plus grand que notre coeur ».




Le Jugement de dieu dans la Bible


La notion de Jugement est en effet centrale dans la Bible. Dès les premières pages Dieu y apparaît comme Juge : « Que Yahvé soit juge entre toi et moi ! » s'écrie Sarah au cours d'une altercation avec son mari Abraham (Gn 16, 5). Un Juge qui exerce certes son jugement sur l'ensemble de la terre, mais qui exerce aussi un jugement personnalisé sur les individus, à la différence des divinités de l'époque qui pratiquaient surtout la rétribution collective. Rétribution immanente d'ailleurs, car chacun mange dès cette vie terrestre les fruits de ses ½uvres. Le grand moment où le Jugement divin intervient dans l'Histoire est appelé « le Jour de Yahvé », où l'orgueil humain est écrasé et la sainteté de Dieu exaltée (Is 2, 9-17). L'imagerie populaire développera cette idée dans le Christianisme naissant jusqu'au Moyen Age où un passage célèbre du prophète Sophonie (1, 14 s.) inspirera le Dies îrae : « Le voici tout proche, le grand jour de Yahvé, jour de fureur, jour de détresse et d'angoisse, jour de ténèbres et d'obscurité. » Mais Dieu veut sauver chacun des hommes, comme il veut sauver tout son peuple Israël, malgré leur commune indignité. Car s'il est l'auteur du jugement, il est aussi celui du Salut. Les prophètes (Ez 18, Is 45, 21 ; 51, 4) l'annoncent aux rescapés de la grande déportation de l'Exil qui a suivi la destruction de Jérusalem, bien méritée par le Peuple pour son péché d'idolâtrie. Dieu est juste, mais il justifie aussi l'homme et gratuitement. Paul le Pharisien reprendra largement ce thème dans le Nouveau Testament. - Et tous les justes ressusciteront (Dn 12, 1-3). Toutefois le groupe des Sadducéens n'admettra pas cette foi en la résurrection pourtant bien affirmée par Daniel le prophète. Alors que les Pharisiens la proclameront avec fermeté, introduisant même la distinction entre un jugement particulier aussitôt après la mort et un Jugement général à la fin des temps. Cette distinction met en lumière la dimension à la fois personnelle et communautaire du Jugement dans la théologie de la Bible.



L'islam


La mort en est la porte d'entrée. Elle est décrite de deux manières différentes. Pour les anciens et dans certaines croyances populaires, elle est présentée comme la disparition totale de l'homme, à la fois de son corps et de l'âme corporelle qui anime celui-ci à la manière d'un « corps subtil ». Le défunt sera recréé par la suite par Allah au Jour de la Résurrection, à partir de l'os résiduel du coccyx. Pour les Maîtres postérieurs, la mort est séparation de l'âme et du corps, comme dans l'Hellénisme, l'âme allant à la rencontre de Dieu son juge, et le corps se transformant en poussière Jusqu'à la résurrection qui le réunira à l'âme. Certains enseignements (Hadith) situent au moment de la mort l'interrogatoire du défunt dans le tombeau par les anges Munkar et Nakîr, suivi de l'attribution des récompenses ou des châtiments.

Le Jugement est en effet un élément clé du dogme musulman. Il serait précédé de bouleversements cosmiques assez semblables à ceux que décrit la tradition biblique, de la venue d'un Antéchrist et enfin du retour du Christ qui régnera quarante ans sur terre après s'être converti à l'Islam. Alors le cosmos sera détruit, les morts sortiront de leurs tombeaux et seront rassemblés devant le trône du Jugement pour la reddition des comptes finale, lorsque sonnera la trompette de l'ange Israeil.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 février 2006 11:48

Le Paradis

Le Paradis
La nostalgie du paradis perdu est universelle. Le jardin paradisiaque exprime la nostalgie de l'innocence perdue,
d'un monde libéré de la souillure du mal
Les paradis
L'Au-delà chrétien
Le jardin paradisiaque
L'arbre de Vie


Le jardin des délices


Le mot paradis, d'origine perse, repris en hébreu (pardès) et en grec (paradeisos), signifie verger entouré de murs et correspond au jardin décrit dans la Genèse. Adam et Eve auraient vécu quelques jours dans le pays d'Eden au sein du "jardin des délices" source de quatre fleuves nommés Pishôn et Gihôn (longtemps pris pour le Gange et le Nil), Tigre et Euphrate. Ce verger toujours verdoyant sous un éternel printemps, agité d'une douce brise et bruissant de chants d'oiseaux, abondait en fleurs et fruits multicolores et parfumés; là vivaient des animaux pacifiques et se trouvaient à profusion or et pierres précieuses. Un mur le séparait du reste du monde (mur de feu ou "mur" d'eau) et ce jardin-clos était devenu au Moyen Age un symbole de virginité et de vie monastique ou d'idéale insularité.


Les paradis



Le paysage paradisiaque varie parfois beaucoup d'une culture à l'autre.
Le paradis Japonais, Amer, se situe au-dessus de la Terre, irrigué par le fleuve paisible qu'est la Voie lactée, et ressemble beaucoup à une vaste terre.
Pour les Vikings, les guerriers morts au combat, après avoir festoyé parmi les dieux sous les plafonds d'or du Walhalla (ou Val-Hall), quitteraient la salle étincelante pour aller mener derrière Odin leur dernier combat, la bataille du Ragnarok.
Certaines traditions situent le paradis des âmes sur le même plan que la Terre. Un mythe slave mentionne un pays de délices sis vers l'Orient, par delà le lever du soleil, tandis que les îles celtes des bienheureux se trouvaient à l'ouest. Ces paradis ne peuvent généralement être atteints qu'après une traversée périlleuse.

Les religions de l'antiquité et les religions révélées actuelles ont élaboré diverses formes de paradis. Mais ce qui leur est commun à toutes, c'est l'espoir en la vie éternelle des âmes bienheureuses, face aux dieux immortels. En Egypte, les troupeaux de b½ufs célestes traversaient les champs éternels où tout existait en surabondance. Les Égyptiens espéraient revivre dans le Champ des roseaux, vision idéalisée de l'Egypte qu'ils connaissaient. Cette croyance se trouvait renforcée par la réapparition quotidienne du soleil, Rê.
Les mondes célestes chrétiens sont des domaines où tous aspirent à l'union éternelle avec les anges devant le trône de Dieu. Ces mondes s'élevaient par degrés jusqu'à la béatitude suprême de la pure lumière. Quant au bouddhisme, il décrit avec magnificence les «paradis occidentaux» où les fidèles jouissent de la vie éternelle et d'une lumière infinie.




L'au-delà chrétien?




Pour les chrétiens l'aspiration au salut éternel se concrétise dans la vision de la Jérusalem céleste "ayant la clarté de Dieu" et "ne manquant ni de Soleil ni de Lune". A la fin des temps, le livre de l'Apocalypse laisse espérer la descente de la Jérusalem céleste sur Terre. Comme la Bible ne dit pas que le jardin d'Eden a disparu, sa localisation terrestre a longuement été recherchée depuis l'Antiquité par les exégètes, les cosmographes et les voyageurs.

Quel avenir attend le défunt dans l'au-delà chrétien? L'imagerie populaire se figure le paradis comme un royaume des cieux au seuil duquel se tient saint Pierre, le gardien de l'Éternel. Il détient les clefs de la cité céleste, et n'en ouvre les portes que si l'on décline son nom, et ses qualités. Il est redoutable, mais lent à s'émouvoir, comme toujours les vieux portiers. De là, ces mille ruses colportées par le génie populaire pour tenter de soudoyer le vénérable vieillard, ou de le tromper à son nez et à sa barbe...

Cette vision de concierge d'un Cerbère chrétien démocratise quelque peu la vision théologienne. Le paradis des évangiles apocryphes, qui s'inspirent presque toujours du seul texte biblique, l'Apocalypse de Jean, qui ait décrit la nouvelle Jérusalem, est évoqué comme « une ville d'or pur semblable à du verre transparent, ceinte d'une muraille construite en jaspe, ornée de pierres précieuses et percée de douze portes qui sont douze perles gigantesques éternellement illuminées par la gloire de Dieu ». Cette cité céleste est traversée par « le fleuve de vie, transparent comme du cristal ». La métaphore ne saurait cacher le sens réel de la félicité promise : les élus jouiront essentiellement de la contemplation immédiate de Dieu, dans un état d'extase absolue. Les mystiques attendent cette révélation comme celle de l'amour le plus pur. La mort est pour eux la sublime noce avec l'époux mystique. La pensée libérale protestante, quant à elle, envisage plutôt la conception du ciel dans le sens d'un « service de Dieu au bénéfice d'un progrès moral universel ».


Le jardin paradisiaque


Le jardin paradisiaque exprime la nostalgie de l'innocence perdue, d'un monde libéré de la souillure du mal. La nostalgie du paradis perdu est universelle. Elle exprime, selon Mircea Eliade, le désir de se trouver toujours et sans effort au coeur du monde, de la réalité, de la sacralité et, plus précisément, le désir de dépasser la condition humaine pour retrouver la condition divine, qui dans le récit biblique était celle d'Adam avant la chute. Le paradis est le paradêsha sanscrit, la région suprême, le pardes suméro-babylonien, qui signifie jardin. Avec sa source centrale et ses quatre fleuves coulant dans les quatre directions, il représente l'origine, l'être en son principe, en amont du temps historique. C'est aussi le séjour de l'au-delà réservé aux élus. Le jardin paradisiaque offre l'image d'une nature généreuse à la végétation éternellement fleurie, peuplée d'animaux paisibles, dont le Coran livre les descriptions les plus détaillées.



L'arbre de vie



Au centre du paradis se dresse toujours l'arbre de vie ; sa croissance vers le Ciel, sa perpétuelle régénération en font le symbole de la victoire sur la mort. Son fruit offre une surabondance de vie. La Bible loue le juste sous les traits d'un bel arbre : « Le juste fleurira comme le palmier. » La floraison est une métaphore de la paix et de l'harmonie trouvées au coeur de notre être. Dans le christianisme, l'arbre de vie devient la croix rédemptrice : l'homme sauvé par le Christ est restauré dans son être originel, dans sa pureté et son innocence première. Les deux malfaiteurs crucifiés de chaque côté du Christ symbolisent l'alternative qui s'offre à notre conscience : tandis que le premier insulte le Messie auquel il ne croit pas, le second reconnaît mériter le châtiment pour sa faute et convient de l'innocence du Christ. A son repentir, le bon larron ajoute la confiance : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » et, à l'instant même, il reçoit le pardon du Christ : « En vérité je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi au paradis. »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 février 2006 11:52

l'Enfer

l'Enfer
Les enfers qui, aujourd'hui ne sont plus que des symboles a représenté pendant des millénaires un élément de l'existence humaine, aussi présent que doué de réalité.

Chez les bouddhistes
Le royaume d'hadès
Le Coran
Civilisations antiques
Les babylonniens
Revenir des enfers
L'enfer egyptien
Vision de l'enfer


L'enfer, lieu de supplice pour les damnés, aurait été créé à l'origine pour les démons. Il constitue un séjour définitif (cf. le Synode de Constantinople de 543). « Vous qui entrez ici, perdez tout espoir », écrira même Dante sur son porche d'entrée. Il n'y aura pas d'amnistie.
Les fresques peignent
l'enfer sous les jours les plus terrifiants : fournaises, fers chauffés à blanc, abîmes pestilentiels, roues armées de dents acérées, matelas de charbons ardents, légions de démons cornus et fourchus... Mais tous les théologiens s'accordent à reconnaître, derrière saint Paul, que la première souffrance encourue y sera le « dam », c'est-à-dire la privation de Dieu. La pensée chrétienne moderne analyse plutôt les flammes comme des tortures psychiques engendrées par l'âme révoltée (peur, remords, rébellion contre Dieu), et qui se trouveraient naturellement éteintes si l'âme consentait d'elle-même à se tourner vers l'amour divin.

L'enf
er n'est pas une spécificité de la religion chrétienne. Toutes les cultures ont conçu une vie dans l'au-delà, au départ comme un prolongement de la vie terrestre. Puis apparaît le thème du jugement des actes du vivant et de la " pesée de l'âme " conduisant à une répartition entre élus et damnés. Un espace spécifique est alors affecté à ces derniers, condamnés en raison de leurs fautes à des souffrances et supplices éternels.


Chez les bouddhistes,

l'enfer s'attache à punir l'aspect psychologique des fautes humaines. Les pécheurs expieront leurs péchés en éprouvant tantôt le froid le plus intense, tantôt la chaleur la plus épouvantable, dans leur traversée des neuf enfers du feu et des neuf enfers du froid. Le juge des morts pèse les bonnes et les mauvaises actions dans sa balance de la justice, avant de livrer les âmes coupables aux bourreaux infernaux.


Le royaume d'Hadès

Le monde des Enfers, qui apparaît fréquemment dans la mythologie grecque, était régi par le dieu Hadès (nom qui désigne également les Enfers). Frère de Zeus et de Poséidon, Hadès était habituellement exclu de la liste des Olympiens parce que son royaume était l'opposé de l'Olympe céleste. C'est aux Enfers que les âmes des hommes étaient Jugées après la mort et, le cas échéant, punies dans les sombres régions infernales de l'Érèbe et du Tartare. Cependant les Enfers englobaient aussi les champs Élysées ou îles des Bienheureux, où séjournaient les âmes vertueuses. Chez Homère, l'Hadès est situé dans une région privée de soleil, au-delà du grand fleuve Océan qui entoure la Terre. Quand les Grecs découvrirent de nouvelles parties du monde, une autre tradition localisa les Enfers au centre de la Terre : ils étaient reliés au monde des vivants par des cavernes insondables et des rivières souterraines comme l'Achéron (fleuve de l'affliction), l'un des cinq fleuves des Enfers, qui coulait dans le nord de la Grèce. Les quatre autres étaient le Styx (fleuve de la haine) qui entourait les Enfers, le Léthé (fleuve de l'oubli), le Cocyte (fleuve des gémissements) et le Phlégéthon ou Pyriphlégéthon (fleuve de feu). Charon, le nocher des Enfers, faisait traverser aux âmes des morts le Styx et, dans certaines légendes, les autres fleuves.



L'enfer est décrit par le Coran

suivant les représentations populaires classiques, dominées par le feu, la poix brûlante et le soufre fondu. Le « Paradis de Mahomet » exprime à l'inverse le paroxysme des joies terrestres - sources, banquets, jeunes filles radieuses - , sous forme de ce que la civilisation arabe du VIIe siècle a produit de plus merveilleux dans ses palais et ses jardins (le mot Janna, « jardin », est employé 66 fois dans le Coran). Mais la plupart des théologiens modernes et l'Islam d'inspiration mystique tel le Soufisme y lisent avant tout une métaphore des joies spirituelles dont la plus élevée est la vision de Dieu. Le Monde Ultime dans l'au-delà musulman commence aussitôt après le Jugement, quand l'état définitivement assigné au défunt ne connaîtra plus ni limite ni limitation.



Civilisations antiques

Dans de nombreuses civilisations antiques, le monde de l'après-mort est un séjour d'où l'on ne revient réservé aux morts pourvus d'une sépulture, les autres étant voués à hanter misérablement leurs anciens lieux de vie. La coutume, fort répandue, de pourvoir les tombes - au moins celles des puissants - d'un mobilier funéraire et de provisions indique que les morts y poursuivent une existence plus ou moins semblable à celle qu'ils ont menée sur Terre. Mais il s'agit d'une vie morne, exsangue, poussiéreuse, sans autre perspective qu'un enfoncement progressif dans l'oubli et le néant. Relèvent, par exemple, de cette catégorie l'Arallou des Assyro-Babyloniens, l'Hadès homérique, les Sources jaunes des Chinois et, à certaines nuances près, le Shéol de l'Ancien Testament.

Quant aux habitants de ces « enfers », ils ne sont pas des âmes mais des spectres ou des ombres, décalques affaiblis des vivants qu'ils ont été.
C'est là que démons, ou dieux déchus, tourmentent la foule des damnés.
Chez les grecs ce sont les Titans vaincu par Zeus, qui furent précipité dans le Tar
tare.


Comme le décrit HÉSIODE :

Les titans souterrains étaient enveloppés d'un souffle de feu ; une flamme immense montait dans l'air divin et, malgré leur endurance, ils sentaient leurs yeux aveuglés pas la fulgurante clarté de la foudre et de l'éclair. Un chaleur prodigieuse ardente envahissait les espaces. Autour de ce lieu s'étend une barrière d'airain ; la nuit entoure d'un triple cercle son orifice étroit ; au-dessus prennent naissance les racines de la terre et de la mer stérile. Là les Titans divins son cachés dans les ténèbres brumeuses, par la volonté de Zeus, l'assembleur de nuages. Pour eux, point de sortir possible : Poséïdon a fermé des portes d'airain sur ce lieu et un rempart l'encercle de tous côtés.

Déjà dans un texte qui remonte à deux mille
ans avant notre ère, l'épopée babylonienne de la Création évoque la lutte grandiose et monstrueuse de Tiamat, déesse de la mer, et de ses alliés contre Marduk, dieu suprême comme Zeus, et c'est la même issu qui clôt le combat : Marduk les enchaîna et brisa leurs armes. Ils furent jetés dans des filets, restèrent dans des nasses, furent mis dans des cavernes : ils étaient pleins de lamentations. Ils subirent leur châtiment et furent retenus dans des geôles.




Chez les Babyloniens


Ll'enfer est une étrange ville souterraine, l'arallû, « que défendent sept murailles et sept portes ». Les damnés eux-mêmes formaient
des troupes de démons acharnés à tourmenter leurs compagnons de malheur : Les démons occasionnels, les edimmu, sont les mal satisfaits de l'au-delà ; ce sont les esprits de tous ceux qui n'ont pas eu un minimum de bonheur dans l'existence ou qui l'ayant atteint, en on été prématurément privés. Ce sont les esprits des filles nubiles mortes vierges, des prostitués mortes de maladie, des femmes mortes en couches ou alors qu'elles allaitaient encore, des péris en mer ou par noyade quelconque, des accidentés (l'homme qui a chu d'un palmier). Enfin ceux qui sont morts sans enfants n'auront laissé personne pour assurer leurs offrandes funéraires, ceux qui sont morts sans avoir reçu de sépulture, feront partie de la cohorte revendicatrice.

On entrevoit ici quelque chose
de cette intuition profonde selon laquelle les tourments des damnés sont l'oeuvre des damnés eux-mêmes.





Revenir des enfers


Dans la Divine Comédie
, la visite de Dante guidé par Virgile dans un enfer rigoureusement structuré met fin à une longue tradition de descentes aux Enfers amorcée au deuxième millénaire avant notre ère, dans le mythe mésopotamien de Gylgamesh où Enkikou raconte sa descente aux enfers.

Thésée, Orphée, Achille, Ulysse, reviendront e
ux aussi des enfers pour mieux édifier les vivants par leurs descriptions. Ainsi, dans l'Enéide de Virgile, livre V, Enée visite les enfers : " Dans le vestibule même, à l'entrée des gorges de l'Orcus, le Deuil et le Remords vengeur ont fait leur lit ; là habitent les pâles Maladies, et la triste Vieillesse, et la Crainte, et la Faim mauvaise conseillère, et la hideuse Pauvreté, formes terrible à voir, et la Mort, et la souffrance ; puis le Sommeil, frère de la mort, et les Joies mauvaises de l'esprit, et, sur le seuil en face, la Guerre meurtrière, et les chambres de fer des Euménides, et la Discorde insensé avec sa chevelure de vipères nouée de bandelettes sanglantes.



L'enfer égyptien

est un monde infiniment
plus grandiose. La morale qui préside au jugement des morts est d'une sublime pureté, et la géographie du domaine maudit est d'un effrayante richesse. C'est un région immense, coupée de murailles et de portes fortifiées, jonchée de marais boueux et de lacs de feu autour de chambres mystérieuses.L'une des grandes préoccupations des Égyptiens était de connaître à l'avance le chemin qu'il fallait suivre pour ne pas s'égarer dans les labyrinthes de l'au-delà et les mots justes qu'il fallait répondre lors des épreuves imposées aux morts. C'est ainsi qu'on trouve sur certains sarcophages hermopolitains, une véritable carte accompagnée de textes assez confus, et sur laquelle on voit un fleuve coulant d'un bout à l'autre du pays infernal ; sur l'une des berges se déroule un chemin, sur l'autre un canal, les deux seules voies utilisables par les défunts ; toutes les deux sont irrégulières, coupées de tournants brusques, de portes de feu où veillent des gardiens féroces, le tout grouillant de serpents, de monstres prêts à anéantir les âmes indignes. Mais l'épreuve la plus grave était, à coup sûr, le jugement du mort par les quarante-deux juges des enfers, par devant Osiris, Thot, Horus et Anubis. Les morts qui échouaient à cet examen, n'avaient point accès au royaume d'Osiris, c'était pour eux un grand malheur, car ils gisaient rongés par la faim et la soif dans leur tombe et ne voyaient le soleil ni du jour ni de la nuit. Dans se monde dépouvante, les morts sont réduits à manger leurs propres excréments, ils sont livrés à des bourreaux et à des serpents monstrueux tels qu'Apop et Sati.



L'enfer chrétien


L'enfer chrétien est peuplé de démons, comme dans le concept assyrien, avec la not
ion de punition éternelle pour les pécheurs, mais avec une notation plus ou moins consciente de vouer haineusement l'ennemi, le pécheur, le païen, au malheur dans l'Au-delà : le feu éternel n'est pas la destruction mais un supplice permanent !


Vision de l'enfer (Sainte Thérèse d'Avila)


... L'entrée me parut semblable à une ruelle très
longue et très étroite, ou encore à un four extrêmement bas, obscur et resserré. Le fond était comme une eau fangeuse, très sales, infecte et remplie de reptiles venimeux. A l'extrémité se trouvait une cavité creusée dans une muraille en forme d'alcôve où je me vis placer très à l'étroit. Tout cela était délicieux à la vue, en comparaison de ce que je sentis alors ; car je suis loin d'en avoir fait une description suffisante. Quant à la souffrance que j'endurai dans ce réduit, il me semble impossible d'en donner la moindre idée ; on ne saurait jamais la comprendre. Je sentis dans mon âme un feu dont je suis impuissante à décrire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intolérables. J'avais cependant enduré dans ma vie des souffrances bien cruelles ; et, de l'aveu des médecins, ce sont les plus grandes dont on puisse être affligés ici-bas, car tous mes nerfs s'étaient contractés quand je fus percluse de mes membres. J'avais eu aussi à supporter toutes sortes d'autres maux dont quelques-uns, je l'ai dit, venaient du démon. Mais tout cela n'est rien en comparaison de ce que je souffris dans ce cachot. De plus, je voyais que ce tourment devait être sans fin et sans relâche. Et cependant toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous ôter la vie. Mais ici, c'est l'âme elle-même qui se met en pièces. Je ne saurais, je l'avoue, donner une idée de ce feu intérieur et de ce désespoir qui s'ajoutent à des tourments et à des douleurs si terribles. Je ne voyais pas qui me les faisait endurer, mais je me sentais, ce semble, brûler et hacher en morceaux. Je le répète, ce qu'il y a de plus affreux, c'est ce feu intérieur et ce désespoir de l'âme.
Dans
ce lieu si infect d'où le moindre espoir de consolation est à jamais banni, il est impossible de s'asseoir ou de se coucher ; l'espace manque ; j'y étais enfermée comme dans un trou pratiqué dans la muraille ; les parois elles-mêmes, objet d'horreur pour la vue, vous accablent de tout leur poids ; là tout vous étouffe ; il n'y a point de lumière, mais les ténèbres les plus épaisses. Et cependant, chose que je ne saurais comprendre, malgré ce manque de lumière, on aperçoit tout ce qui peut-être un tourment pour la vue. ~ Il m'a donné depuis, une vision de choses épouvantables et de châtiments infligés à certains vices ; ces tortures me paraissaient beaucoup plus horrible à la vue. Mais, comme je n'en souffrais pas la peine, j'en fus moins effrayée. Dans la vision précédente, au contraire, le Seigneur m'avait fait éprouver véritablement en esprit ces tourments et ces angoisses, comme si mon corps les avait endurés. Je ne sais comment cela se fit, mais je compris bien que c'était une grande grâce et que le Seigneur voulait me faire voir de mes propres yeux l'abîme d'où sa miséricorde m'avait délivrée. Entendre parler de l'enfer ce n'est rien. ~ Aussi, je fus épouvantée. ~ Aussi, chaque fois que je me rappelle ce souvenir au milieu de mes travaux et de mes peines, toutes les souffrances d'ici-bas ne sont plus rien à mes yeux ; il me semble même que, sous un certain rapport, nous nous plaignons sans motif.
Depuis lors, je le répète, t
out me paraît facile en comparaison d'un seul instant de ces tortures que j'endurais alors. Je m'étonne même qu'après avoir lu souvent des livres où l'on donne quelque aperçu des peines de l'enfer, je ne les aie point redoutées comme elles le méritent et ne m'en soit pas fait une idée exacte. Où étais-je donc ?
Comment pouvais-je trouver qu
elque repos dans ce qui m'entraînait à un si terrible séjour ? O mon Dieu, soyez à jamais béni !
Cette vision m'a procuré, en outre, une douleur immense de la perte de tan
t d'âmes et en particulier de ces luthériens qui étaient déjà par le baptême membres de l'Église. Elle m'a procuré aussi les désirs les plus ardents d'être utile aux âmes. Il me semble en vérité que, pour en délivrer une seule de si horribles tourments, je souffrirais très volontiers mille fois la mort. Voici en effet ce que je pense. Quand nous voyons quelqu'un et surtout une personne amie au milieu de grandes épreuves et de grandes douleurs, il semble que nous sommes naturellement touchés de compassion ; et si ses souffrances sont intenses, nous les ressentons très vivement. Mais la vue d'une âme condamnée pour l'éternité au supplice des supplices, Qui donc pourrait la souffrir ? Il n'y a pas de coeur qui n'en serait brisé de douleur. Nous sommes émus de la plus tendre compassion pour les maux d'ici-bas, et cependant nous savons qu'ils ont un terme et finissent avec la vie. Ne le serions-nous pas d'avantage pour des supplices qui doivent durer toujours ? Je ne sais comment nous pouvons vivre en repos quand nous voyons tant d'âmes que le démon entraîne avec lui en enfer ...



Vision de l'enfer (Fioretti de Saint François d'Assise)

DE TROIS LARRONS CONVERTIS PAR SAINT FRANÇOIS, ET A L'UN DESQUELS ONT ÉTÉ RÉVÉLÉES LES PEINES DE L'ENFER (FIORETTI)

Après la mort de ces deux compagnons, l'autre ayant donc continué une telle pénitence pendant plusieurs années, voici
qu'une nuit il lui vint après Matines une si grande envie de dormir qu'il ne pouvait en aucune façon résister au sommeil et veiller comme d'habitude. Finalement, ne pouvant ni résister au sommeil ni prier, il se jeta sur son lit pour dormir ; et aussitôt qu'il y eut posé la tête, il fut ravi et mené en esprit sur une très haute montagne où il y avait un abîme très profond, et çà et là des rochers brises et escarpés d'où jaillissaient des aiguilles de diverses hauteurs, en sorte que l'aspect de cet abîme était effroyable à regarder. Et l'ange qui conduisait ce frère le poussa violemment et le jeta dans cet abîme ; et lui, bondissant et se heurtant d'aiguille en aiguille et de rocher, il arriva enfin au fond de cet abîme, tout rompu et brisé lui semblait-il. Et comme il gisait à terre en si misérable état, celui qui le conduisait dit : « Lève-toi, car il te faut faire encore un grand voyage. » Le frère répond: « Tu me parais un homme très déraisonnable et cruel, toi qui me voit mourant de cette chute qui m'a brisé, et qui me dis : "Lève-toi." » Et l'ange s'approche de lui et, en le touchant, lui remet parfaitement tous ses membres et le guérit. Puis il lui montre une grande plaine remplie de pierres aiguës et tranchantes, d'épines et de ronces, et lui dit qu'il lui faut passer pieds nus par toute cette plaine jusqu'à ce qu'il arrive au bout, où il voyait une fournaise ardente dans laquelle il lui fallait entrer.
Le frère a
yant traversé toute cette plaine avec grandes angoisses et souffrances, l'ange lui dit : « Entre dans cette fournaise, car il faut que tu le fasses. » L'autre répond : « Hélas, combien tu es un guide cruel, toi qui me vois presque mort pour avoir traversé cette plaine terrifiante, et qui maintenant pour tout repos m'ordonnes d'entrer dans cette fournaise ardente. » Et comme il regardait, il vit autour de la fournaise beaucoup de démons ayant en mains des fourches de fer avec lesquelles, comme il hésitait à entrer, ils le poussèrent brusquement dedans.
Entré qu'il fut dans la fournaise, il regarde et y voit un homme qui avait été son compère, et qui b
rûlait tout entier. Et il lui demande : « O compère infortuné, comment es-tu venu ici ? » Et il répond : « Va un peu plus avant et tu trouveras ma femme, ta commère, qui te dira la cause de notre damnation. » Le frère étant allé plus outre, voici que lui apparut ladite commère toute embrasée, enfermée dans une mesure à grains toute de feu ; et il lui demande « O commère infortunée et misérable, pourquoi es-tu venue en un si cruel tourment ? » Elle lui répond : «Parce qu'au temps de la grande famine que saint François a prédite autrefois, mon mari et moi nous avons fraudé sur le grain et le blé que nous vendions dans une mesure, et pour cela je brûle resserrée dans cette mesure. »
Ces paroles dites, l'ange qui conduisait ce frère le poussa hors de la fournaise et lui dit: « Prépa
re-toi à faire un horrible voyage que tu as à accomplir. » Et celui-ci disait en gémissant : « O très dur conducteur, qui n'as de moi aucune pitié, tu vois que je suis presque tout brûlé dans cette fournaise, et tu veux me mener encore dans un voyage périlleux et horrible. » Et alors l'ange le toucha et le rendit sain et fort.
Puis il le conduisit à un pont que l'on ne pouvait passer sans gra
nd danger, parce qu'il était très mince et étroit et très glissant sans parapets sur les côtés ; et dessous passait un fleuve terrible, plein de serpents, de dragons et de scorpions, et qui répandait une très grande puanteur. Et l'ange lui dit : « Passe ce pont, car il te faut absolument le passer. » L'autre répond : « Dans ce fleuve dangereux ? » L'ange dit : «Viens après moi et pose ton pied où tu verras que je poserai le mien, et ainsi tu passeras sans encombre. » Ce frère passe derrière l'ange comme il le lui avait enseigné jusqu'à ce qu'il arrive au milieu du pont ; mais comme il était en ce milieu, l'ange s'envola et, le quittant, s'en alla sur une très haute montagne fort au-delà du pont. L'autre examina bien le lieu où l'ange s'était envolé ; mais restant sans guide et regardant en bas, il voyait ces terribles bêtes se tenir la tête hors de l'eau, la gueule ouverte, prêtes à le dévorer s'il tombait ; et il était plongé dans une telle terreur qu'il ne savait en aucune façon ni que faire ni que dire, car il ne pouvait ni revenir en arrière ni aller en avant.
Voyant donc qu'il était en une telle tribulation et qu'il n'avait d'autre refuge que Dieu seul, il se
baissa, embrassa le pont et de tout son coeur, en pleurant, il se recommanda à Dieu afin que par sa très sainte miséricorde il daignât le secourir. Sa prière faite, il lui parut qu'il commençait à lui pousser des ailes ; il en eut une très grande joie et attendit qu'elles fussent assez grandes pour lui permettre de voler au-delà du pont, là où l'ange s'était envolé. Mais après quelque temps, à cause du très grand désir qu'il avait de traverser ce pont, il se mit à voler ; et parce que ses ailes n'avaient pas encore poussé, il tomba sur le pont et ses plumes tombèrent : par suite, il embrassa de nouveau le pont et comme la première fois il se recommanda à Dieu. Sa prière faite, il lui parut encore qu'il lui poussait des ailes ; mais comme la première fois il n'attendit pas qu'elles eussent parfaitement grandi ; il se mit donc à voler trop tôt, et il retomba de nouveau sur le pont et ses plumes tombèrent ; c'est pourquoi, voyant que par la hâte qu'il avait de voler trop tôt il tombait ainsi, il commença à se dire en lui-même : « Certainement, s'il me pousse des ailes une troisième fois, j'attendrai qu'elles soient assez grandes pour que je puisse voler sans retomber. » Comme il était dans ces pensées, il voit pour la troisième fois qu'il lui pousse des ailes ; et il lui semblait que durant la première, la seconde et la troisième venue de ses ailes, il avait bien attendu cent cinquante ans ou même plus. A la fin, il se lève pour la troisième fois et prend son envol de tout son effort; et il s'envola en haut jusqu'au lieu où l'ange s'était lui-même envolé.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 février 2006 12:00

Les Au-Delà

Les représentations
de l'au-delà


Egypte pharaonique
Le peuple hébreu
Le Livre d'Enoch
La grece antique
La tradition celte
Le Loka des Jaïnes
L'au-delà thibétains
La chine traditionnelle
Le pays des morts




Les représentations de l'au-delà illustrent la tentative de 1 ' homme pour donner du destin après la mort une idée plus familière, plus tangible. Elles vont des visions fantastiques d'un monde infernal, tel celui de la Divine Comédie, aux images grandioses de l'ascension au paradis ou à la cité divine des joies célestes. D'une part, nous avons la souffrance absolue aux enfers, avec tous les tourments qui l'accompagnent , tandis qu ' on montre, de l'autre, l'élévation de l'âme à la dimension suprême de la pureté et du spirituel.



La " soif du mort " ou les " flammes de l'enfer " sont des notions provenant des régions orientales ou méditerranéennes où les populations souffrent de la sécheresse et de la chaleur. Il est significatif de constater que, par contre, pour les populations nordiques, les souffrances de l'enfer sont provoquées par des marais gelés, des brouillards glacés, le froid qui mord...
Ce qui peut expliquer pourquoi des peuples différents ont élaboré des concepts si dissemblables de l'au-delà. Certaines sociétés primitives ont progressivement adopté le concept d'un domaine céleste semblable à notre vie terrestre, tandis que la théorie de la réincarnation et de la transmigration de l'âme s'est imposée en Afrique et en Asie. Quant aux Pères de l'Église, ils sont irrémédiablement divisés entre les tenants de la résurrection physique et ceux de la résurrection de l'âme.



L'au-delà de l'Egypte pharaonique

L'au-delà est la « vraie » réalité à laquelle on ne s'éveille qu'à la mort après un jugement des morts et d'une séparation définitive entre « élus » admis au paradis d'Osiris et « réprouvés » plongés dans divers enfers.
Avec la momification, l'Egypte pharaonique a poussé à l'extrême l'idée que la vie après la mort dépend d'une certaine intégrité physique. Conçu comme le domaine souterrain que le dieu-Soleil (Rê) traverse en barque d'ouest en est durant la nuit, l'au-delà est un monde « proche » ; l'existence n'y diffère pas radicalement de la vie terrestre. Pourtant une dichotomie décisive se fait jour : sous ce soleil de minuit, c'est le côté agréable des activités terrestres qui l'emporte (l'amour, les chants, les banquets), tandis que les travaux pénibles échoient à des remplaçants magiques (les ouchebti, figurines abondantes dans le mobilier funéraire). L'être ainsi transfiguré (Akh) n'est plus le simple prolongement de son personnage terrestre mais une entité complexe, formée du corps et de divers principes (l'ombre, le Ba, le Ka, etc.) qui viennent l'animer magiquement dans la tombe.



Le peuple hébreux

Le peuple hébreux connaissait dès les origines la croyance à une certaine vie posthume dans l'au-delà, mais sous forme d'une existence obscure, inerte et sans consistance : « Dans le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort » (Jb 10, 21). Le schéol est le lieu des morts, de tous les morts. Il n'est pas question de résurrection, en particulier de celle de la chair ! Le degré de culpabilité morale d'un humain n'est pas pris en compte ! Aussi le sage Qohéleth conseille-t-il de profiter surtout de ce monde-ci et de la vie d'ici-bas : « car il n'y a ni ½uvre, ni pensée, ni science, ni art dans le séjour des morts » (cf. Jb 9). Du Schéôl au Livre d' Hénoch. - Le terme de Schéôl désigne ce lieu souterrain semblable aux descriptions de l'au-delà rapportées dans les écrits mésopotamiens, où les trépassés vivent comme des larves dans un état léthargique, où l'on ne connaît pas de distinction entre les bons et les méchants, où il n'existe ni récompense ni punition. Le Schéôl est semblable à l'Hadès des Grecs ou à l'Aralou des Babyloniens. Dans ce royaume des morts (cf. Is 14) les morts ne peuvent même pas louer Dieu qui est le Dieu des seuls vivants (ps 6 ; 30-10 ; 88-6).


Sous l'influence peut-être du mazdéisme de l'occupant perse, la croyance en une vie éternelle et heureuse se fait jour, spécifique, réservée aux justes, accompagnée d'une « certaine résurrection de la chair ». La vie dans l'au-delà devient fruit d'une récompense (ou d'une punition) personnelle, alors que durant longtemps le Dieu des Hébreux récompensait ou punissait d'abord collectivement le peuple, vertueux ou pécheur. Israël attendait en effet surtout pour l'avenir le triomphe temporel sur ses ennemis, comme récompense de son comportement en tant que nation. Mais l'expérience cumulée des désastres nationaux successifs et celle du martyre des héros du peuple (Dn 12,1-3) amènent les croyants à repousser dans un futur plus lointain l'avènement du nouvel Ordre des choses par l'intervention d'un Messie libérateur. Elle renforce l'idée d'une résurrection personnelle des justes qui ont lutté et donné leur vie pour l'avènement du Règne de Dieu toujours attendu et espéré. Car « les âmes des justes sont dans la main de Dieu » (Sg 3, 1). Et Daniel (12, 2) lance son cri prophétique : aux temps de la fin « plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière s'éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte éternelle ». De même Job (19,26 ;Ez 37). Il n'est cependant pas précisé encore qui ressuscitera, les juifs seuls ou tous les hommes.



Livre d'Hénoch, le jugement dernier et le monde à venir

Le Livre d'Hénoch, l'une des plus célèbres apocalypses des deux derniers siècles avant J.-C., commencera à se faire l'écho de la conception palestinienne et populaire d'un sort différencié suivant les mérites. Dans les quatre compartiments où se retrouvent les âmes après la mort, trois des cavités-réservoirs sont attribuées aux pécheurs suivant leur degré de culpabilité. La quatrième, lumineuse, est destinée aux justes. Le Paradis est décrit par le même Livre d'Hénoch comme une maison de cristal où trône la Grande Gloire aux vêtements « plus blancs que neige et plus éblouissants que le soleil » . D'autres textes apocalyptiques évoquent festins et pierres précieuses, fleuves de lait et miel, et anges lumineux. Chacun est donc Jugé suivant ses mérites.

Les maîtres du Talmud exprimeront sur le fond commun de la croyance à une existence après la mort, des opinions assez diverses. Les descriptions de l'au-delà sont plus imagées que doctrinales : « Dans le monde à venir, il n'y aura ni nourriture, ni boisson, ni procréation, ni marchandage, ni haine, ni jalousie, ni conflit, mais en revanche les justes seront assis avec des couronnes sur la tête et jouiront de la splendeur divine » (Traité Brakhot 17 a). Qui entrera dans ce monde à venir ? Les opinions sont là aussi assez diverses, chacun mettant l'accent sur l'acte dont on sera récompensé ou puni au moment du Jugement. Les justes de toutes les nations sont généralement considérés comme y ayant accès. Mais non par exemple celui qui professe qu'il n'y a pas de résurrection des morts, qui humilie son semblable en public ou qui prononce le Nom sacré et ineffable du Seigneur. La foi en la résurrection des âmes et des corps après la venue du Messie est toutefois centrale. C'est l'ultime et treizième des « articles de foi » établis par Maïmonide le Maître des Maîtres, qui font toujours autorité.



La Grèce antique


Les dieux de la Grèce antique habitent le sommet de l'Olympe, la plus haute montagne de Grèce. Là-haut, sur l'Olympe, les dieux s'aiment, se querellent, surveillent le monde et interviennent auprès des mortels au gré de leur fantaisie, tantôt pour les aider et tantôt pour leur nuire. Zeus (Jupiter), maître de la Terre et du Ciel, préside rassemblée des dieux et des immortels. Hadès (Pluton), frère de Zeus, est le maître des Enfers. Ces dieux de l'Olympe avaient pris la succession de générations antérieures. Gaia, la Terre, la première des déesses, avait donné le jour, par l' intermédiaire de son fils Ouranos (Uranus), à la race des Titans. Ceux-ci, entraînés par Cronos (Saturne), s'étaient emparés du pouvoir que détenait Ouranos, mais ils furent à leur tour défaits par leurs propres enfants, conduits par Zeus, le fils de Cronos. Une fois les Titans vaincus, Zeus et ses frères, Poséidon et Hadès, tirèrent au sort pour savoir qui régnerait sur le Ciel, la Terre et les Enfers.



La tradition celte


L'expérience de la condition terrestre et de ses peines est ainsi projetée sur ce que peut être la vie après la mort. La tradition celte parle d'un « autre monde », empli de magie, de mystère et de danger, que l'on peut pénétrer par des grottes ou des lacs, et qui se situe parfois au couchant. En dépit des périls encourus pour y accéder, il se révèle, en fin de compte, un pays de jeunesse et de bonheur éternels.



Le loka des JAÏNES


Suivant LES écritures JAÏNES, Mahâvîm et les autres tîrthankara ont, par leur accession à la délivrance, découvert la nature de l'univers, en sanskrit le loka, Les moines jaïns ont déployé beaucoup d'efforts pour comprendre le loka, et la cosmographie est devenue une branche élaborée de leur scholastique. Le loka, extrêmement vaste, comprend trois grandes sections. Tout en bas, il y a les huit enfers, de plus en plus insupportables. Au sommet, il y a une série de ciels de plus en plus clairs. Au-dessus du plus haut se trouve la demeure des âmes parfaites . Au milieu, c'est le mâdhya loka, le monde médian, une bande étroite où les continents et les océans prennent place concentriquement. Parmi eux, seuls le continent de Jambûdvîpa et un continent et demi dans son voisinage rendent l'existence humaine possible. Vers la fin de l'époque médiévale, il devint courant de représenter le loka sous une forme humaine. De telles images sont objet de révérence et rappellent aux jaïns qu'il importe de bien user d'une chose aussi rare que la naissance humaine.



L'au-delà tibétain



L'au-delà tibétain est peuplé de nombreux dieux, génies, démons et saints qui entravent ou facilitent le destin de l'âme. Celui-ci suit le samsara, cycle de renaissances dont il faut s'échapper pour atteindre au bonheur véritable. Cette libération nécessite l'exercice du Bardo-Thödol, méditation concentrée sur une « conscience de mort » qui donne une vision mystique de l'au-delà. La conscience s'échappe alors du sommet de la tête, et se projette dans la lumière éblouissante du paradis.



La Chine traditionnelle


Dans la Chine traditionnelle, les eaux jaunes coulant depuis les quatre directions cardinales se rejoignent au nord où elles s'engouffrent sous la terre, royaume des morts et demeure du yin. Le yang, principe de vie, y a sa retraite. Il anime ces eaux souterraines qui jaillissent dans des fontaines sacrées où les aïeux héroïques recueillent les âmes des défunts pour les emmener dans la cour céleste du souverain d'En-Haut. Elles s'y réincarnent au début du printemps.




Le « pays des morts »



La représentation d'un au-delà « proche » est ou a été majoritaire dans toutes les sociétés traditionnelles. Le « pays des morts » possède une sorte de localisation géographique plus ou moins précise : derrière telle montagne, au fond de tel fleuve, là où le soleil se couche, etc. Ses habitants font parfois de brèves incursions dans notre monde. Inversement, certains vivants, comme les sorciers et les chamanes, sont censés pouvoir s'y rendre en transe, par exemple pour y chercher un agonisant et le ramener dans le monde des vivants.


Le paradis terrestre de l'ancienne Egypte est situé dans l'au-delà où les âmes peuvent jouir sans mélange d'une existence comparable à la vie terrestre, mais idéalisée et transposée. La demeure des morts est située dans l'Occident lointain, au-delà de l'Océan.


Pour les Assyriens, l'enfer était un endroit peuplé de monstres effroyables. . Pour les Mésopotamiens, dans le récit de Gilgamesh, le royaume des morts est sous une double montagne, en Occident lointain. Les mythes mélanésiens font souvent référence à des événements prenant place dans un « monde-miroir » souterrain.


Pour les Toradja d'Indonésie, l'au-delà est divisé en deux mondes, celui des ancêtres et des morts, situé à l'ouest, et celui des dieux et des vivants, concentré à l'est. Selon le mythe, le premier est né du ciel qui engendra les ancêtres et le premier homme ; le second est né de la terre qui enfanta la déesse du riz et celle de la prospérité. L'est et l'ouest sont réunis par la fête du Merok, offrande de remerciements aux dieux.


L'au-delà des Yakoutes ou des Toungouses de Sibérie est un monde peuplé d'esprits, notamment ceux des rois de la taïga, comme l'ours ou le tigre. Les chamanes parcourent les espaces à leur recherche, priant par exemple la f lèche de leur arc d'intercéder auprès de l'ours pour qu'il leur accorde le sacrifice du renne.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 février 2006 12:16

l'Ame

l'Ame
Les religions monothéistes, malgré des nuances, prêchent l'immortalité de l'âme conjointement à la résurrection du corps:
la conscience survit
à la mort du corps.


Pensées de St Thomas d'Aquin
Réflexions suite à une N.D.E
L'ame des Inuits


Les grandes traditions, en Orient comme en Occident, ont attribué une forte dimension morale à l'au-delà, dont l'une des principales fonctions est de corriger l'imperfection du monde qui affecte tout homme ici-bas. La croyance en la réincarnation ou la résurrection dans l'au-delà sert bien souvent de compensation à l'injustice du sort terrestre et donne sens à un monde perçu comme absurde. L'agonia signifie combat : marquée par la révolte et le désespoir, elle est pourtant l'occasion de surmonter la culpabilité et d'accueillir le pardon. La croyance en l'éternité de l'âme est le socle de ces représentations.

Pensées de Saint Thomas d'Aquin

Selon l'Eglise, au moment de la mort se fait la séparation totale de l'âme et du corps, la personne est amenée à choisir d'une manière définitive entre deux voies: celle de l'orgueil ou celle de l'amour. Tout ce qu'elle a fait dans sa vie passée pèse lourdement comme un conditionnement qui l'élève vers l'amour ou qui l'élève vers la révolte. Mais ce n'est qu'un conditionnement ;
Saint Thomas d'Aquin précise que ce péché ultime, ce péché contre l'Esprit Saint qui est amour peut prendre plusieurs grandes formes: Refus de croire malgré l'évidence ; Refus d'espérer le bonheur éternel proposé ou, au contraire, présomption qui prétend atteindre la vision de Dieu par ses propres forces, sans devenir petit ; envie face au bonheur de ceux à qui nous avons fait du mal pendant notre vie ; Impénitence par rapport à ses péchés passés.


Ce que nous savons, c'est que l'homme qui fait de lui-même son Dieu se damne, se retrouve seul. Il n'y a pas d'amour en enfer, sauf l'amour égoïste de soi-même. C'est aussi un lieu brûlant, affirmé par la Bible, un lieu ou le vers rongeur du remords ne s'arrête jamais, Le mystère de ce vers rongeur, c'est le souvenir lancinant de la rencontre avec Jésus à l'heure de la mort, le souvenir de ce regard d'amour que le damné a méprisé, et continue de mépriser, mais qu'il n'oubliera jamais. Les âmes qui sont en enfer sont incapables de lier le moindre contact avec nous. Les évangiles en témoignent avec force: « Entre nous et vous a été fixé un grand abîme, pour que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le puissent pas et qu'on ne traverse pas non plus de là bas chez nous ».
Saint Thomas d'Aquin en explique la raison: L'âme humaine, quand elle est séparée de son corps, n'a plus aucun moyen naturel de communiquer avec le monde des vivants. Elle ne dispose pas, comme les esprits angéliques, d'une puissance spirituelle par rapport au monde matériel. Le corps qui jouait ce rôle durant la vie a disparu. Elle se retrouve donc dans un autre monde et ne sait pas ce qui se passe dans le nôtre. Si un contact se réalise, ce ne peut être que par l'aide d'un intermédiaire, Dieu ou ange.



Réflexions suite à une N.D.E



Pour beaucoup, l'interprétation de la définition religieuse de l'âme, les notions de paradis et d'enfer sont devenus source de confusion et de doute pour de nombreux fidèles.
La perspective d'un avenir post-mortem réduit à un choix aléatoire entre paradis et enfer, ou une l'annihilation définitive du corps et de l' âme laisse place à d'autres croyances comme les thèses réincarnationnistes.

Pour les personnes ayant vécus une N.D.E., la conscience pourrait connaître une survie plutôt positives sous condition de mener une existence terrestre positive.


Inuits, régions polaires arctiques

Pour les Inuits, la vie éternelle est dominée par Sila, maître de l'Univers et de l'air. Il a un grand pouvoir sur les âmes qui doivent se dégager de leurs « fluides terrestres » pour gagner le royaume des morts. En effet cette âme présente un aspect terrestre, transmis après le décès à une autre personne, et un aspect spirituel qui continue dans le ciel sa progression vers leur « paradis ». (H. Hansen et al., The Greenland Mummies, Trustees of the British Museum, 1991.)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 05 février 2006 12:19