Du latin subcubare : coucher sous. Démons lascifs revêtant une forme et un comportement féminins afin de soutirer leur semence à des hommes de préférences vigoureux, pour la transmettre ensuite, sous formes d'incubes, à des femmes qu'ils espèrent engrosser. Ce qui ne les empêche pas de venir induire au pêché de luxure des moines, anachorètes et adolescents tourmentés par la puberté.Les succubes peuvent également animer momentanément quelque personne décédée dont les partenaires, après une folle nuit d'amour, retrouvent le cadavre au petit matin. Le R.P Delrio affirme cette possibilité et Florimond de Raemond écrit que les démon s'emparent du corps des trépassés et « ministres de la mort logent parmi les morts. ».
Tout comme l'incubat, le succubat devait donner lieu à des récits salaces : par exemple, l'exorciste Brognoli, particulièrement qualifié et intarissable sur ces questions, nous raconte qu'à Bergame, vers 1650, un jeune homme âgé de 22 ans vit le démon lui apparaître sous la forme d'une jeune fille qu'il aimait beaucoup. A cette vue, il poussa un cri, mais le fantôme lui ordonna de se taire en l'assurant qu'il était sa bien-aimée, qu'elle avait fui de sa maison parce que sa mère l'avait maltraitée et qu'elle venait le voir. Il savait très bien que ce n'était pas sa fiancée, mais un démon ; malgré cela, après quelques paroles et quelques caresses, il consentit à ses désir. Le fantôme lui dit alors qu'il n'était pas sa dulcinée mais un démon, qu'il l'aimait et c'était pour cela qu'il le poursuivait jour et nuit. Brognoli ajoute que ce commerce monstrueux dura plusieurs mois mais que, grâce à son entremise, Dieu délivra enfin le jeune homme qui fit pénitence de ses pêchés.
Les relations avec les succubes n'ont pas forcément un caractère agréable : Guaccius compare leur vagin à une caverne glacée et Ambroise Paré met en garde les contemporains en racontant la mésaventure survenue à un apprenti boucher qui était profondément plongé dans ses pensées érotiques et fut étonné lorsqu'il s'aperçut subitement devant lui un diable ressemblant à une belle femme avec lequel, ayant eu affaire, les parties génitales commencèrent à s'enflammer de telle façon qu'il lui sembla avoir le feu dans tout son corps et mourut misérablement.
Certains cercles spirites, dont l'Eglise, condamne véhémentement les pratiques, continueraient à évoquer les succubes à des fins magico-érotiques. Par extension, on donne aussi le nom de succubes aux nymphomanes et aux insatiables fellatrices dont Balzac s'inspirait dans ses Contes drolatiques.